Comment et pourquoi l’autoproduction d’électricité va prendre un nouvel essor ?

L’autoproduction d’électricité mais aussi l’autoconsommation sont deux tendances de fond depuis des années. Une nouvelle législation devrait faciliter le développement de cette nouvelle approche de la consommation électrique pour les années à venir.

 

De l’autoproduction à l’autoconsommation, l’évolution du cadre légal en France

 

Depuis le décret du 06 décembre 2000, l’autoproduction d’électricité est autorisée à tout un chacun. Il aura néanmoins fallu attendre plusieurs années pour que la baisse des coûts des équipements photovoltaïques et plus généralement des installations nécessaires à cette autoproduction d’électricité rende possible cette opportunité.

Depuis cette date, les règlements, ordonnances et autres lois ont complété ces premières décisions, dont notamment la loi pour la transition énergétique. Le 25 février dernier a également été voté au Parlement et entériné par le Sénat une nouvelle loi sur l’autoconsommation et donc l’autoproduction d’électricité. Ces nouvelles mesures, applicables dès le mois de mars 2017, devraient permettre de faciliter mais aussi de généraliser cette ambition d’une autoproduction d’électricité.

Le nouveau cadre pour l’autoproduction d’électricité, une incitation au développement

 

Jusqu’à maintenant, l’autoproduction d’électricité restait difficilement associable à l’autoconsommation.  Les périodes, durant lesquelles l’installation d’autoproduction ne permet pas de répondre aux besoins, impliquent d’acheter de l’électricité au réseau. A l’inverse, les périodes de surplus de production impliquaient jusque-là une revente de cette électricité au même réseau général.

La nouvelle loi sur l’autoproduction d’électricité donne désormais la possibilité à chacun de choisir à qui vendre son électricité : au réseau ou à ses « voisins », ce qui était jusque-là interdit. Même si cette évolution ne semble pas révolutionnaire, elle change la donne en ce qui concerne une des motivations premières de celles et ceux, qui se lancent dans l’aventure de l’autoproduction : la baisse de la facture énergétique.

 

L’autoproduction d’électricité pour une autoconsommation ou une économie du partage

 

Ce changement législatif permettra donc de vendre l’électricité produite à ses voisins ou à son quartier. Les personnes, ne disposant pas jusqu’à aujourd’hui des infrastructures permettant l’installation de panneaux photovoltaïques par exemple, pourront désormais installer ces derniers sur les immeubles voisins, moyennant la signature d’un contrat entre les deux parties. Mais cela donnera surtout l’occasion à tous les convaincus des vertus de l’autoproduction de vendre leur électricité autour d’eux. L’économie du partage envahit ainsi le domaine de l’autoconsommation électrique mais cela permet également de proposer à son entourage une électricité moins chère. En effet, l’étude LevelizedCost of Energy 10.0, réalisée par la banque Lazard, a permis de mettre en avant que l’électricité solaire, consommée en circuit court, était l’énergie la moins chère au monde.

En favorisant ce rapprochement entre lieu de production et lieu de consommation, cette loi sur l’autoconsommation laisse également envisager une réduction conséquente des frais liés à l’acheminement de cette énergie sur de longues distances. (Une récente étude du très célèbre Rocky Mountain Institute évalue cette baisse à 20 % environ).

Au final, l’autoconsommation et l’autoproduction d’électricité favoriseront donc une baisse des factures électriques des personnes concernées mais aussi une diminution des frais d’acheminement de l’électricité, ce qui profite à l’ensemble de la collectivité. Un geste individuel au service de l’intérêt général, une raison de plus pour croire au succès de cette loi sur l’autoconsommation.

Focus sur les aides :
- 800 € / Kwc installé
- coût de raccordement gratuit dans 90% des cas
- revente de surplus à 0,6 centimes / kwh
- bonification Contribution au Service Public de l'Electricité (CSPC)